Place et sens de la reprise d’études supérieures dans le parcours migratoire de femmes migrantes dépendantes

– PROJETS –

Place et sens de la reprise d’études supérieures dans le parcours migratoire de femmes migrantes dépendantes : approche intersectionnelle des expériences de transition.

DESCRIPTIF :

Grâce à un travail de terrain sociologique qualitatif et longitudinal, ce projet donne la parole aux femmes adultes congolaises, indiennes et américaines qui sont arrivées en Belgique dans le cadre d’un regroupement familial et qui entament ou reprennent des études supérieures. Il vise à questionner et à développer les connaissances quant à ce phénomène de reprise d’études comme période de transition dans les parcours migratoires de ces femmes dites « dépendantes », en accordant une attention particulière aux rôles que jouent leurs réseaux personnels.

Dans un contexte marqué par des tensions toujours plus importantes entre contraintes légales et capacité d’actions individuelles, l’imbrication entre projets d’études et projets d’immigration est devenu un phénomène important dans le champ des migrations internationales. Bien qu’officiellement neutres, les politiques migratoires restent basées sur des présupposés liés au genre et engendrent des effets différents pour les femmes et les hommes en situation de mobilité, en particulier dans le cadre d’un regroupement familial. En effet, si le regroupement familial représente une proportion significative des migrations vers la Belgique, la prédominance féminine y est frappante. De plus, cette procédure place les femmes dans une position particulièrement vulnérable car le droit de séjour qui y est lié dépend de la pérennité de la relation avec la personne qu’elles ont rejointe. 

Beaucoup de femmes se tournent vers les études pour gérer des situations compliquées dans le pays d’accueil. Ces projets traduisent souvent une envie de s’engager activement dans leur nouvel environnement et de reprendre un certain contrôle de leur vie mais aussi l’envie de rencontrer de nouvelles personnes et d’accéder à de nouvelles formes de ressources. Ces femmes se heurtent néanmoins souvent à un certain nombre d’obstacles (reconnaissance limitée de leurs diplômes, concurrence avec leurs responsabilités familiales ou encore réticences de leur famille). Aussi, au sein de l’enseignement supérieur, ces femmes font l’objet d’un certain nombre de catégorisations et de différenciations qui – qu’elles soient vécues comme des obstacles ou des opportunités – ont pour effet de réduire la singularité de leurs histoires et la complexité de leur situation.

Ce projet s’articule autour de trois questions de recherche spécifiques : Quelle est la place des projets de reprises d’études dans le parcours migratoire de ces femmes dites « dépendantes » et qu’est-ce qu’ils impliquent, en tant que période de transition, en termes de réseaux, de socialisation et de rôles sociaux dans la société d’accueil ? Quels sont les effets réciproques qui se jouent entre contraintes structurelles – en ce compris le cadre légal belge et européen, les politiques migratoires et éducatives mais également les facteurs sociaux classiques, l’inscription dans un statut juridique particulier, les rôles sociaux de genre et les structures relationnelles – et formes d’autonomie au cours de cette période particulière ? Quels rôles jouent les réseaux personnels de ces femmes sur leur parcours de vie et, en particulier, sur leur projet d’études ?

Equipe:

Chercheur·e:

– Sarah Smit, CIRFaSe

Promoteur·rice :

– Prof. Laura Merla

Centre :

Cirfase

Financement :

Aspirante F.R.S-FNRS

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